Deux poèmes

I.

Aujourd’hui les herbes hautes
La douce absence de toutRêverie d’enfant déchaute
Pensant le vent sur sa joue

Orphelin d’infinitudes
C’est ce vent à sa fenêtre
Qui bruit de ses certitudes
L’infini sentiment d’être

Rêverie d’enfant déchaute
Le vent brûlant sur sa joue
Qui couche les herbes hautes
Souffle l’absence de nous

II.

La perspective est idéale
De bois sombres et de murs clairs
La glace d’un reflet étale
Double l’ordre de l’univers

Le cendrier un peu de biais
Les bougeoirs à même distance
Des angles de la cheminée
L’instant t dans sa quintessence

Volupté, effroi religieux
Vivre le soupir d’une attente
Brûlure d’un cillement d’yeux
Éblouis d’une aube latente

Il dit que le monde est décor
Que toute chose est vanité
Que toute parole y est d’or
L’instant t est l’éternité



Luc Lefort ● Écrits

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