Perspectives
Paysage familial
Paysage familial rassemble les archives de ma famille.
Mon goût avéré de l’histoire a fait qu’au décès de mon père, en 1996, et à celui de ma mère, en 2008, ma fratrie m’a laissé collecter l’essentiel des nombreux documents qu’avaient transmis les générations précédentes. J’ai épluché et classé contrats de mariages, transactions sur des parcelles de terre, faire-part de décès, lettres personnelles, journaux intimes, mémoires, dessins, portraits, photographies, et, pour diverses ascendances, des essais généalogiques plus ou mois développés. J’ai choisi dans tous ces éléments la matière de ce livre, que j’ai complétée, pour ma propre gouverne, de précisions et de commentaires historiques.
Mon goût de garder vif tout ce qui fut, est et sera m’a fait aimer, aussi, la conversation de grands-tantes et parentes, contentes de trouver une oreille intéressée pour parler de leur vie et des récits qu’elles avaient elles-mêmes glanés. Grands-tantes, ai-je dit, et non mes grands-mères, que j’ai bien connues toutes deux pourtant, mais dont l’une m’est restée très distante, et dont l’autre envoyait balader le passé d’un joyeux revers de main.
Cependant ces archives, ces rencontres et ces confidences compliquaient et enrichissaient mon sentiment familial. J’ai pris goût, avec ma première voiture, à me promener dans les communes de France et de Gascogne (je n’ai pas d’ancêtres en Navarre), pour de nouvelles rencontres et, pour déchiffrer à l’occasion, sur les registres d’état-civil, le nom d’autres ancêtres. Beaucoup plus tard, j’ai découvert que des sites internet compilaient les recherches des uns et des autres et affichaient incidemment certaines branches de ma propre famille. J’y ai puisé sans vergogne certains prolongements dans les temps anciens. À mon crédit, j’ai signalé quelques erreurs concernant des périodes plus proches, notamment le xixe siècle, qui a connu l’adolescence de mes grands-parents.
L’ouvrage est construit en cinq chapitres. Les quatre premiers qui, chacun, commencent au plus haut des ascendances connues, traitent, dans cet ordre, de ma grand-mère maternelle, Alice Bossu, de mon grand-père maternel, Paul Thermac, de ma grand-mère paternelle, Élisabeth Ribière, et de mon grand-père paternel, Pierre Lefort. Puis, pour boucler le tour d’horizon de ce Paysage, j’ai demandé à ceux de ma famille que cela intéressait de me proposer un texte personnel sur un souvenir ou tout autre sujet de leur choix ; ce dernier chapitre regroupe une cinquantaine de textes contemporains. Ainsi, ce Paysage familial, qui s’ouvre, selon une des ascendances, sur un événement de l’année 1377, se referme sur le Noël 2022 d’une fillette de huit ans.
Les textes cités dans cet ouvrage n’étant pas, le plus souvent, de mon fait, j’ai eu quelque scrupule à mettre mon nom personnel sur la couverture. J’ai préféré y inscrire un nom qui fasse référence aux quatre lignées familiales qui s’y expriment, Bossu, Thermac, Ribière, Lefort, dont les premières syllabes forment le nom Botherile, et je propose de lire gens pour Jean.